Dimanche 16 septembre 2007 7 16 /09 /Sep /2007 05:23

Voici l'adresse de mon nouveau blog :

http://vidanobraziou.blogspot.com

A bientôt là-bas !

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /Sep /2007 20:58

Depuis que je suis rentré au Brésil, j'ai essayé de consacrer deux fois un quart d'heure à mon blog, à chaque fois pour tenter de mettre des photos du chantier de Rokaz, et à chaque fois over-blog a planté... Il me sort par les trous de nez ce fournisseur de blog, je pense migrer prochainement vers un autre fournisseur plus pratique.

Le problème actuel de mon blog étant que je commence à travailler sur le chantier vers 7h30 tous les matins samedi compris, qu'après 18h00 je continue encore deux ou trois heures à travailler sur Excel ou Word, et quand je sors de Rokaz vers 21h00, s'il me reste encore quelques forces je préfère aller grimper ou danser le forró que me recoller devant un ordi pour raconter ma vie qui n'a rien d'exaltant...

Enfin un de ces jours prochains j'essaierai quand même de prendre le temps, photos à l'appui sur mon nouveau blog, de vous expliquer comment on construit un mur d'escalade dont les contours s'apparentent souvent à ceux des côtes bretonnes... C'est un vrai casse-tête chinois mais le résultat commence à avoir sacrément de l'allure !

Sachez en tout cas que la construction avance comme nous l'avions prévu, que nous avons encore l'espoir d'ouvrir la salle avant la fin de l'année même si ça va être difficile car cela implique d'obtenir les autorisations de la mairie dans les délais qu'elle annonce comme "normaux", mais qu'elle ne respecte presque jamais...

Le problème c'est que le mois de janvier au Brésil est l'équivalent du mois d'août en France, la ville est presque déserte pendant les grandes vacances d'été entre Noël et le carnaval début février. Ce n'est vraiment pas la période idéale pour ouvrir, à part que c'est la saison des pluies et que les falaises sont souvent ingrimpables ce mois-là.

Donc si nous ne réussissons pas à ouvrir début décembre, nous attendrons probablement le lendemain du Carnaval, vers le 5 février, quand le Brésil se remet au travail après les vacances estivales, pour organiser notre grande fête d'inauguration. A suivre...

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 19:31

Ce we, j'étais à Rio, avec Eva, Hélène, Niko et Arnaud.

Nous voici au départ de la travessia dos Olhos, une voie d'escalade classique qui mène au sommet de la Pedra de la Gávea, qui avec ses 803 mètres de haut au-dessus des plages de Rio, est le plus haut monolithe rocheux en bord de mer du monde :

 

Malheureusement la voie d'escalade est plus raide que prévue, ça ne va pas être possible de la faire à 5 avec une seule corde d'escalade. Les filles, se sacrifient, elles monteront à pied, quelle générosité...

 

Niko dans la première longueur.

 

Arnaud dans la traversée, il a trouvé une bonne prise de dents ! En dessous le vide se creuse au fur et à mesure de la traversée... vers la fin, il y a sous nos pieds 200 mètres verticaux et derrière nous le panorama sur Rio est grandiose quand les nuages se déchirent.

 

Figure de style dans un nuage vagabond...

 

Le sommet est tout plat, le soleil se couche, les nuages ont disparu, sérénité du lieu...

 

et quelques bonnes rigolades...

 

 

 

 

 

Rio, peut-être la plus belle ville au monde, et l'une des seules où se côtoient la favela (les petits points rouge brique en dessous à gauche de l'aiguille) et un golf pour millionnaires (la grande tache verte claire au mileu de l'image) :

 

 

Dimanche, je fais la voie des Italiens avec Eva au Pain de Sucre. Neuvième (ou dixième ?) ascension, mais toujours autant de plaisir à grimper sur cette aiguille de rêve, qui du haut de ses 300 mètres domine la baie de Rio.

 

 

 

 

Un nuage passe, Rio disparaît...

 

Au sommet il y a une pin-up qui pose pour moi au soleil couchant !

 

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 00:25

Ils ne sont pas encore mariés, mais ils sont déjà en voyage de noces ! Et heureux comme tout, regardez-moi ça...

 

Tout avait bien mal commencé vendredi soir, le petit dîner que j'avais concocté ça allait encore, mais après je les ai emmenés à l'inauguration de la nouvelle boîte de Paco Pigalle, un pote français et DJ réputé ici. Il m'avait dit il faut absolument que tu viennes, tu es sur la guest list et vous ne ferez pas la queue pour rentrer. Tu parles dans le vent mon gars, on a poireauté 1h30 dehors, jusqu'à ce que le Paco apparaisse finalement, fin bourré, et qu'il nous fasse entrer au bout d'un quart d'heure de palabre avec le videur, car le videur ne voulait plus obéir à son patron saoul !! A l'intérieur c'était plutôt sympa, mais rien à voir avec les nuits brésiliennes comme je les aime...

Pour sortir on a fait la queue aussi, bref le bonheur cette boîte, on était à 5h30 à la maison, et moi j'étais à 8h00 sur le chantier de Rokaz, en pleine forme vous imaginez. Je me suis assis sur une plaque de contreplaqué au soleil, j'avais mes lunettes noires sur le nez et je disais, avec un ton parfois un peu traînant, toi tu fais ceci, et toi ça...

Samedi après-midi, visite guidée de Rokaz.

 

Dimanche, c'était enfin une journée à la brasileira comme je les aime. De l'escalade, un peu de rando et une baignade en rivière dans la Serra do Cipó.

Niko qui redescend d'un 6b dont le passage clé consiste en un rétablissement sur un cactus :

 

Un pote surnommé Magrão, qui travaille sur le chantier de Rokaz, enchaîne devant nous Sinos, l'une des 50 plus belles voies d'escalade du monde pour sûr, en 7c, 55 mètres de bonheur gris et orange en dévers avec grosses prises...

 

40 mètres d'escalade en solo pour notre pompier préféré, pas fâché d'arriver au sommet...

 

 Dans deux semaines, ce sera la grande star... et moi je serai le témoin de son mari !

 

 

 

Dimanche soir nous sommes allés danser le forró, à l'Utópica, tout en haut de Belo, là où une grande baie vitrée offre une vue panoramique sur la ville, là où la musique est bonne toute la nuit, là où on ne fait la queue ni à l'entrée ni à la sortie, là où on peut rester des heures à regarder les gens danser tellement ils sont beaux... Avec les cascades, les grands espaces vierges et les plages paradisiaques, le forró est ce que le Brésil m'a offert de plus beau sans aucun doute, surtout avec deux cavalières qui à peine débarquées de France savent déjà danser aussi bien !

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /Août /2007 03:18

 Quelques photos de mes vacances en France au mois de juillet. Dans le désordre, camping 4* sur le glacier blanc, enterrements de vie de jeunes gens de Niko et Eva au chalet le 14 juillet, avec un Niko qui drague déguisé en gentille sorcière et Eva en blonde pulpeuse, l'arête de la Barre des Ecrins à cloche-pied avec Alex et Julien, hélitreuillage du Mikk, Astrid !, farniente au chalet avec les amis puis la famille, bivouac et escalade de la face sud de la Meije avec Sam, canyoning au-dessus du chalet, avec Philippe, Sam et Guillaume à Bleau... et d'autres photos un de ces jours sûrement !

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /Août /2007 03:13

Ce matin, j’étais dans le haut de la structure du mur d’escalade en construction quand j’entends des cris juste en dessous de moi. Des noms d’oiseaux gueulés par um mec apparemment très en colère. Il y a du grabuge, je descends en vitesse la structure métallique dans laquelle j’étais niché. C’est Flavio qui pète un plomb. “J’en ai marre de ta p... de gueule, tu fais c..., tu me rends complètement fou !” Le mec visé par ces injures se surnomme Irmãozinho (“petit frère”), c’est notre garde de nuit et toute la journée il travaille sur le chantier. Le problème c’est qu’il a tellement pris à coeur sa mission qu’il ne peut pas s’empêcher de faire des remarques aux autres travailleurs dès qu’ils ne mettent pas assez d'ardeur à la tâche.

Flavio c’est un pote grimpeur qui vient nous aider en l’échange d’un petit salaire pour s’acheter une nouvelle paire de chaussons à la fin du mois. Il est aussi artiste, la semaine dernière je suis allé voir une de ses expositions au musée mineiro: le directeur du musée l’avait laissé, lui et 5 autres, habiller de carton de couleurs et de papier mâché quelques peintures um peu vieillottes et de 6000 post-it couverts de messages poétiques une statue d’un saint qui prenait la poussière dans un coin...

Aujourd’hui, Flavio me dévoile une des facettes de sa personnalité que je ne connaissais pas : c’est un gars au sang chaud.

Quand j’arrive enfin par terre, Flavio vient d’envoyer Irmãozinho se faire prendre par un endroit dont je tairai le nom ici, Irmãozinho répond avec les mêmes termes mais en parlant de la copine de Flavio et j’interviens entre les deux gaillards au moment où Flavio s’apprête à envoyer un coup de poing au milieu de la tronche d’Irmãozinho...

Je sépare les deux protagonistes, je conseille à Flavio d’aller prendre l’air quelques minutes, je dis à Irmãozinho avec un air un peu méchant de se mêler de ses affaires dorénavant et je rejoins Flavio qui est dehors, les dents serrées comme un forcené, les mains crispées sur un poteau pour faire passer la tension. Il fait peur à voir ! Je lui parle en prenant des pincettes, je tente de le calmer em rejetant toute la faute sur Irmãozinho, j’essaie de lui expliquer qu’il faut ignorer Irmãozinho quand il se mêle de ce qu’il ne regarde pas, je lui dis que quelqu’un qui accepte de passer toutes ses journées et ses nuits sur ce chantier est forcément quelqu’un d’un peu spécial, et très difficilement remplaçable... Au bout de dix minutes il se calme et revient travailler.

Ce soir en quittant Rokaz, j’ai eu une explication avec Irmãozinho. Il était en mode profil bas. Il a compris qu’il était en faute dans cette affaire. Il essaie de se défendre en me disant que Flavio est un tire-au-flanc, mais tout le monde sait que c’est faux et de toute façon ça ne regarde que Yan et moi. Je n’ai pas besoin de lui dire d’arrêter de faire des remarques aux autres, il a déjà compris la leçon tout seul. Je lui souhaite une bonne nuit, on se lance les traditionnels “tudo em paz!”, “só alegria!’, et il me confie qu’il a eu très peur que je le renvoie. Il n'a pas compris que malgré ses quelques défauts, il est à peu près irremplaçable. Qui d'autre que lui garderait tout le temps un grand sourire au visage en passant 24h/24 et 7j/7 de sa vie sur un chantier qui n'est pas le sien ?

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 05:20

Lundi après-midi, comme tous les jours, je passe une demi-journée par jour sur le chantier. Le reste du temps, je le passe sur Excel, chez Angela pour affiner le dernier projet qu’on va présenter à la mairie, ou au téléphone et dans la rue pour acheter la peinture, le bois, les vis, les outils, l’acier que dévore avidement notre chantier.

Nous sommes en train de construire le totem, le grand pilier d’escalade qui siègera au milieu du gymnase. Je coupe des barres d’acier en U qu’on soude ensuite pour construire le squelette métallique du totem. Je commence à bien maîtriser la technique de la coupe, on a acheté une bonne scie sauteuse facile à manier. Souvent après avoir coupé une barre, il reste des petits copeaux de métal sur les bords qu’on peut enlever en faisant travailler la scie de côté. Je le fais à chaque fois, mais lundi après-midi, je l’ai fait une fois de trop. Je croyais avoir gardé mon masque en plexiglas transparent sur la figure, mais entre temps j’avais fait autre chose, il n’y était plus et je commence à poncer. Normalement il n’y a pas de problème, la machine est construite de telle sorte que les étincelles de la coupe partent à l’opposé de l’opérateur en train de scier. Mais là il y a une étincelle qui s’avise de partir vers moi, et pas n’importe où : en plein dans l’œil. Et une étincelle c’est quoi ? Un petit morceau de métal en fusion…

Sur le moment, la douleur n’est pas vive. C’est un peu comme une grosse poussière dans l’œil, qui me gêne en fait surtout quand je ferme les yeux. Je me dis que ça va passer. Mais lundi soir, au moment de me coucher, rien ne va plus. En fait dès que je ferme les yeux, la douleur est vraiment vive. Je passe une nuit quasi blanche à essayer de trouver une position pour dormir… Je dors l’œil dans mon oreiller pour tenter de le maintenir ouvert et calmer la douleur. Le matin mon oreiller est imbibé du ruisseau de larmes qu’a pleuré toute la nuit mon œil écorché. Il faut vraiment que je fasse quelque chose. J’en parle à Zéca mon colloc médecin, il va appeler un de ses potes ophtalmo.

Finalement vers midi c’est Marcelo, mon autre colloc aussi médecin qui m’appelle pour me dire qu’il a contacté un de ses élèves qui est interne aux urgences d’un service d’ophtalmologie de Belo et que je peux aller le voir dès que je peux. J’y vais sans perdre une minute, mon œil gauche a l’air d’une pastèque éventrée.

Je travers la ville en incognito avec mes lunettes noires, j’arrive au service des urgences où comme partout dans le monde attendent une vingtaine de personnes. Je me présente au guichet en disant que Leonardo m’attend. Et je double tout le monde, avec beaucoup de scrupules je vous rassure… Au Brésil tout se passe toujours bien quand on a les bons contacts. Ce qui réduit d’autant les chances de ceux qui sont en bas de l’échelle sociale de se retrouver un jour un peu plus haut...

Dix minutes après être arrivé aux urgences, je suis sur une espèce de chaise de torture, le menton et le front accollés à des appuis en plastique, un projecteur braqué sur mon oeil gauche, et Leonardo en face de moi qui avec une grosse loupe soumet mon oeil à la question. Au bout de quelques dizaines de secondes, il pousse un « ha ! » et me dit qu’il  a trouvé un point noir au milieu de l’oeil. La suite est une partie de plaisir. Il prend une aiguille et vient trifouiller mon oeil, la sensation est délicieuse comme vous pouvez l’imaginer, je pense à une plage à cocotiers, à des jolis petits nuages blancs dans un grand ciel bleu, je me dis que s’il se loupe d’un millimètre je perds mon oeil, je repense à des poires Belle Hélène, à des pentes de poudreuse immaculée et alors que je me prépare encore au pire, il m’annonce que c’est terminé. Il me présente sur un bout de coton le trophée qu’il vient d’extirper : un petit bout de métal d’un demi-millimètre de côté qui était incrusté dans mon oeil. Je lui demande si je vais en garder des séquelles, il me répond que non, et quand je ressors, je me mets de la musique sur les oreilles et je commence à danser dans la rue.

Ce soir j’ai toujours une tronche d’héroïnomane mais qu'importe !

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 01:34
Le numéro de juillet de la revue La jaune et la rouge est consacré au Brésil... des articles intéressants sur l'économie brésilienne, sur la mégapole de São Paulo, un autre à propos d'une révolution qui n'a toujours pas eu lieu, et un de bibi sur l'environnement au Brésil...
Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 03:02

La semaine dernière un homme est arrivé devant Rokaz, a ouvert la porte et est entré sans qu'on lui en donne l'autorisation. A l'intérieur on était 7 ou 8 à scier, poncer, couper du métal et du contreplaqué, souder les barres d'acier en U et en V, je lève le nez et je vois cet homme avec sous le bras une chemise remplie de papiers, qui n'avait rien à faire là mais qui manifestement n'avait pas l'intention de repartir avant que quelqu'un vienne répondre à ses questions.

Je vais le voir, il se présente : Carlos Henrique, inspecteur de la mairie. Il m'apprend que quelqu'un a porté plainte contre notre chantier à la mairie. Il vient donc voir si notre chantier est en conformité. Petit pincement de coeur, je me dis que nous n'avons rien à reprocher, nous avons décroché le sésame, le permis de construire, il y a plusieurs mois déjà. Mais s'il veut trouver quelque chose qui ne va pas, il trouvera c'est évident. Au-dessus de moi par exemple, il y a Irmãozinho ("petit frère", le surnom de notre vigile-ouvrier qui passe 24h/24 sur le chantier pour travailler de jour et y dormir la nuit) qui est en train de souder une barre d'acier à 12 mètres de haut sans baudrier. Ce n'est pas faute de lui avoir répété de le mettre...  

 

J'invite Carlos à monter dans notre bureau et je lui montre les plans du chantier. Il les prend, les regarde attentivement, vérifie qu'ils ont été visés et approuvés par la mairie, puis découvre le nom de l'architecte qui a fait le projet pour nous. « Ha c'est Angela ! C'est une grande amie ! Tout va bien alors, je ne vais pas vous embêter plus longtemps ! »

Et le mec, super jovial tout à coup, repart aussi sec. C'est ça le Brasiouuu. Pour tenter d'obtenir le permis de construire plus vite que la musique, à 3 associés on connaissait pourtant le frère, la belle soeur pas chiante, le petit ami futur mari dans deux et trois mois c'est déjà réservé, le collègue de promo ami de 30 ans avec qui on a tout partagé, l'ex à qui on a tout pardonné (sinon le contact il sert à rien...) ou le cousin d'une bonne moitié des employés de la mairie, dont un qui est devenu maire adjoint (un pote d'Elias), mais rien à faire il a fallu attendre 4 mois comme tous les autres pour l'avoir ce permis. En fait tout s'est débloqué le jour où une amie d'Elias m'a indiqué cette architecte en or, Angela, qui nous a obtenu le permis en deux mois seulement en travaillant honnêtement. A la mairie, son air sérieux, un peu austère en impose, et vu qu'elle travaille bien, tout le monde lui fait confiance. Et oui il y a des Angelas aussi au Brésil, heureusement en fait. Les grands sourires, le soleil, la samba et le foot ne suffiraient-ils donc pas pour faire tourner rond une société ?

Et jeudi dernier donc, rebelote, notre visiteur fait tellement confiance à Angela qu'il n'a même pas vérifié que notre construction était conforme au projet qu'on a donné à la mairie. Bon tant mieux alors. J'ouvre la fenêtre du bureau, je lui dis tchau à bientôt mécaniquement alors que je n'ai aucune envie de le revoir, et je me pose sur ma chaise. Je continue à regarder dehors car dans l'arbre à 3 mètres de moi il y a un oiseau bleu turquoise. Je le regarde mais bientôt je ne le vois plus, car il y a un hic. Le hic, vous n'êtes pas encore au courant, c'est que le projet qu'on a donné à la mairie ne révèle que la moitié des constructions qu'on a l'intention de réaliser pour notre salle d'escalade... Tout le monde nous avait dit, Angela comprise : "Donnez un projet conforme à la loi à la mairie, une fois que votre salle est construite suivant ce projet, vous appelez un employé de la mairie pour avoir votre permis de fonctionnement, et après avoir obtenu votre permis de fonctionnement, il n'y a plus jamais aucun employé de la mairie qui passera vous voir, vous pouvez continuer à construire votre salle comme bon vous semble ! "

On s'était donc dit qu'on allait faire les 10 places de stationnement à l'intérieur de la salle, les 20 % de la surface totale couverts d'espaces verts comme l'exige la loi, qu'on appellerait à ce moment-là un employé de la mairie pour qu'il vienne visiter notre salle, et puis une fois notre permis de fonctionnement en poche on aurait continué à construire la salle en éliminant les places de parking et en rognant sur les espaces verts...  Mais cet inspecteur des travaux finis de mes deux qui vient de partir, il vient de me dire qu'il avait adoré notre salle, et à moitié en rigolant il m'a dit qu'il viendrait à notre fête d'inauguration ! Aïe, aïe, mon sang bouillonne, bah non mon vieux si tu viens à notre soirée d'inauguration tu vas pas reconnaître le projet qu'on a fait approuver en mairie, il y aura deux fois plus de murs d'escalade que prévu, et Angela ou pas, tu serais bien capable de jouer les trouble-fête et d'interdire l'ouverture de notre salle !

Et d'ailleurs si on a déjà été dénoncé (à cause du bruit paraît-il, si vous avez un recette miracle pour organiser un chantier silencieux écrivez-moi...), pourquoi on ne pourrait pas être dénoncé encore une fois ? Et alors un autre inspecteur pourrait passer et peut-être qu'il ne serait pas pote avec Angela...

Et en fait qui aurait pu nous dénoncer ? Probablement un voisin, ou un concurrent... Il y en a qui vient de terminer la construction d'un petit mur d'escalade à trois ou quatre rues du notre salle, et quand il a vu notre mur, il a décidé de vendre le sien ! "JH cherche pigeon pour acheter un mur pas cheeeer pas cheeeer, 50000 reais seulement" Bah les clients vont se précipiter c'est sûr...

Morale de l'histoire, on va arrêter d'essayer de contourner la loi et imaginer une nouvelle manière de tout faire légalement pour pouvoir dormir tranquillement les trois prochains mois. Je convoque un conseil de guerre. Brainstorming. Meus amigos, on va dans le mur là ! On va arrêter de faire des c..., et essayer de trouver un moyen complètement légal d'ouvrir notre salle. Forcément, il va falloir faire des sacrifices sur le projet de nos rêves. Nous jetons notre dévolu sur le mur d'escalade latéral, le moins grand et moins attrayant, celui qu'on aurait construit dans le grand couloir qui passe le long de la maison entre la rue et le gymnase. Ce mur-là nous décidons que nous ne le construirons que plus tard, quand nous serons sûrs de ne plus avoir d'inspecteur aux aguets... A la place, nous y mettrons deux places de parking et un bout de pelouse qui nous permettra d'atteindre les 20% d'espaces verts.

Dès le lendemain, nous allons voir Angela pour lui faire part de nos nouvelles idées. Avec elle nous redessinons un nouveau projet, à faire approuver par la mairie, en un mois on espère, un projet qui sera conforme à l'aspect final qu'on donnera à notre salle. Ainsi, le jour de l'inauguration, on pourra même se payer le luxe d'inviter les inspecteurs de la mairie puisque tout sera en règle ! Tudo legal ! Tout baigne ! 

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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Lundi 30 juillet 2007 1 30 /07 /Juil /2007 21:13

 Enfin quelques photos de Rokaz... Depuis que je suis revenu au Brésil, je ne suis jamais rentré chez moi avant 22 heures, c'est le rush total ! Mais la motivation est là, avec Yan mon associé on doit passer 14 heures par jour dans ce bâtiment mais on ne voit pas le temps passer !

Petit tour du propriétaire. D'abord, a façade, aux couleurs bien flashy, é isso o Brasil...

 

 

Dans la maison qui donne sur la rue, il y aura une boutique de matériel d'escalade et de montagne, une salle de musculation avec une quinzaine d'appareils, une salle de yoga et de pilate, une salle pour les consultations de kiné et d'un médecin du sport, notre bureau et une salle avec télé et lecteur DVD pour montrer les vidéos d'escalade que nous allons réaliser pour expliquer le sport aux débutants et leur donner envie de continuer en leur montrant de belles images d'escalade dans les plus beaux coins du monde.

Derrière la maison qui existait déjà, nous avons construit un gymnase de 300 m2 et 15 mètres de haut pour abriter les murs d'escalade. Et entre la maison et le gymnase, il y aura l'endroit le plus tranquilo... le bar !

 

La partie droite du gymnase est occupée par une mezzanine construite au mois de juin, qui fait 60 m2 environ à 4 mètres de haut. Au dessus, nous avons déjà presque terminé la construction d'un mur de 15 mètres de large et qui fera entre 6 et 12 mètres de haut. En dessous, il y aura une zone de blocs, c'est-à-dire de l'escalade sans corde.

    

  

 Sur le chantier il y a entre 6 et 10 personnes qui travaillent en même temps. L'objectif, qui n'est pas si facile à atteindre qu'il semblerait, est que tout le monde ait toujours du travail. En fait souvent le travail de l'un dépend de celui d'un autre, et plusieurs personnes se retrouvent à profiter du soleil brésilien... J'ai rien contre bien sûr, mais on n'est moins cool quand on fait le calcul qu'une journée de travail de perdue à cause d'un problème de logistique par exemple (genre si on a trop tardé à racheter des barres d'acier ou des plaques de contreplaqué et qu'on se retrouve en rupture de stock), et bien c'est à chaque fois 200 Euros qui partent de nos poches en fumée ! Sans compter le loyer... Heureusement, ça ne nous ait encore jamais arrivé, et l'organisation s'améliore au fur et à mesure que notre expérience grandit.

  

 

Il y a encore quelques semaines, je ne connaissais absolument rien à la construction d'un mur d'escalade et Yan à peine plus. Et je pratiquais le bricolage à peu près autant que la couture, c'est-à-dire un tout petit peu, mais vraiment pas beaucoup quand même ! Pour pallier notre ignorance, nous avons donc fait appel au plus grand spécialiste du Brésil pour nous aider à la constrution, au moins au début, le temps que nous apprenions. On le paie assez cher, genre 700 Euros par mois, mais ça vaut le coup c'est sûr, il a construit toutes les plus grands murs d'escalade du Bresil et maîtrise bien son affaire. Quand il a vu notre maquette, il a dit que ça allait être chaud, mais possible... Le voici qui prend le soleil ... en travaillant : 

 

 Entre temps, il y avait une équipe de peintres qui vient de terminer de repeindre la maison.  

 

 

Les toilettes, luxueuses, en granit s'il vous plaît...

 

Bon j'ai des milliers d'autres trucs à raconter mais aussi très envie d'aller dormir pour être un peu près opérationnel demain matin à 7h30 sur le chantier...

Par Alexis - Publié dans : vidanobrasil
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